
Gousse et Gigot, tu parles d’un titre ! Tu parles de noms ! Deux bizarreries en une, il n’en fallait pas plus pour attirer l’attention d’Auria, de toute façon déjà séduite par l’ambiance du Pays de Marylène. « C’est en effet le 4e tome des Contes de Marylène », précise la libraire de La Parenthèse. « Pour ma part, je considère chaque livre comme tout à fait indispensable ! »
Gousse et Gigot, donc, désignent, non sans une certaine originalité sémantique, deux héroïnes d’un nouveau chapitre de cette saga née de l’imaginaire décidément très prolifique et résolument farfelu d’Anne Simon.
Deux infortunées que la naissance n’a pas très bien disposées . Gousse est en effet la fille du dictateur Von Krantz, dont on a fait connaissance dans un opus précédent. « Mais chaque tome se lit de façon indépendante. »
Elle rencontre sa sœur, Gigot, au fond d’une fosse où leur père les a recluses sous la surveillance de serpents… Un malheur qui ne saurait durer, puisque Von Krantz vient à crever (c’est le mot) sous les assauts d’une certaine Aglaé. Dont la Geste a fait les belles pages du premier album de la série d’ailleurs… « tout aussi barré… »
Pommes de terre et barriques de bière
Auria nous dresse en effet un tableau dont la fantaisie n’aurait rien à envier à Lewis Carroll, avec un zeste d’atrocités en plus, et d’esprit surréaliste en bonus. « C’est quand même un univers peuplé de créatures étranges, à commencer par des animaux anthropomorphes (Aglaé est une femme grenouille, on a droit à un sauveur à tête de lézard, un toubib à tête de cheval…), mais aussi un enfant patate, et des frites guerrières. Assez cools, ces frites, je dois dire ! »
Sous couvert de délires mis en cases, entre deux livraisons de pommes de terre et de barriques de bière, se façonne néanmoins le portrait de deux femmes hors normes. « L’enjeu pour elle étant de réussir tant bien que mal à se sortir d’un univers brutal autant qu’absurde. »
Peu à peu se fait jour un petit discours féministe en diable, mais pas trop, la tyrannie ne connaissant pas de limite de genre !
« A ne pas mettre entre de trop jeunes mains, on est bien d’accord. Mais on y trouve quand même une véritable dimension ludique. Qui, en plus, a le mérite de faire avancer le schmilblick ! » Gousse et Gigot, nées a priori sous une mauvaise étoile, ont finalement l’art (bien à elles) et la manière (idem !) d’allumer des constellations !
« Gousse et Gigot », d’Anne Simon, chez Misma ; 19 €.
August 20, 2020 at 10:04AM
https://ift.tt/2Enjj4o
NANCY. Au pays des frites guerrières et des enfants patates - Est Républicain
https://ift.tt/31fbgQm
frites
No comments:
Post a Comment